Le joueur paraguayen Adolfo Daniel Vallejo lourdement sanctionné après avoir affirmé qu’un match de haut niveau « devait être arbitré par un homme »
Le sexisme dans le sport continue de faire l’actualité. À Roland-Garros 2026, le joueur paraguayen Adolfo Daniel Vallejo a été condamné à une amende de 65 000 dollars après avoir tenu des propos sexistes à l’encontre de l’arbitre brésilienne Ana Carvalho à l’issue de sa défaite face au Français Moïse Kouamé.
Cette sanction, annoncée par l’organisation du tournoi, représente près de la moitié des gains remportés par le joueur lors de la compétition.
« Ce genre de match doit être arbitré par un homme »
Après un match de près de cinq heures disputé dans une ambiance particulièrement tendue, Adolfo Daniel Vallejo a contesté plusieurs décisions arbitrales avant de remettre en cause la capacité d’une femme à officier lors d’une rencontre de cette intensité.
« Ce genre de match doit être arbitré par un homme. C’est très difficile pour une femme de faire ça. Le public est très exigeant et il faut beaucoup de force pour s’opposer au public », a-t-il déclaré.
Des propos qui ont immédiatement provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux ainsi que dans le monde du tennis.
Au-delà de la critique d’une décision arbitrale, c’est bien la compétence même de l’arbitre qui a été remise en cause en raison de son sexe, reproduisant un stéréotype ancien selon lequel les femmes seraient moins aptes à gérer la pression, l’autorité ou les situations conflictuelles.
Une réponse ferme de Roland-Garros
Interrogée lors d’un point presse à Roland-Garros, Amélie Mauresmo a annoncé une sanction particulièrement lourde à l’encontre du joueur paraguayen. « Il y a eu une amende qui a été décidée à hauteur de 65 000 euros, environ la moitié de son prize money », a déclaré la directrice du tournoi. Elle a ensuite condamné sans ambiguïté les propos tenus contre l’arbitre brésilienne Ana Carvalho : « C’est clairement quelque chose qui n’est pas acceptable pour nous, pour le tournoi, pour la Fédération même au-delà du tournoi. Ce genre de propos n’a pas sa place ici. »
En choisissant une amende équivalant à près de la moitié des gains remportés par le joueur à Roland-Garros, l’organisation a voulu envoyer un signal fort. Cette sanction figure parmi les plus importantes prononcées ces dernières années pour des propos discriminatoires dans un tournoi du Grand Chelem et illustre la volonté de la Fédération française de tennis de ne pas banaliser les attaques sexistes visant les officielles du circuit.
Aurore Bergé : « La compétence n’a pas de genre »
La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a également dénoncé ces déclarations.
« Adolfo Daniel Vallejo a perdu son match. Il a surtout perdu une occasion de se taire. La compétence n’a pas de genre », a-t-elle déclaré.
Une réaction qui s’inscrit dans un contexte où les institutions sportives sont de plus en plus appelées à lutter contre les discriminations, qu’elles soient liées au sexe, à l’origine ou à l’orientation sexuelle.
Des excuses après la polémique
Face à l’ampleur des réactions, le joueur paraguayen a finalement présenté ses excuses.
Il a affirmé respecter les arbitres et expliqué que ses propos avaient été prononcés sous le coup de la frustration après une rencontre particulièrement éprouvante.
Ces excuses n’ont toutefois pas empêché le maintien de la sanction.
Le sport encore confronté aux stéréotypes sexistes
Cette affaire intervient alors que les femmes occupent désormais tous les niveaux de responsabilité dans le sport mondial : arbitres, entraîneuses, dirigeantes, commentatrices ou présidentes de fédérations.
Pourtant, leur légitimité continue régulièrement d’être remise en question sur la base de préjugés liés au genre.
En sanctionnant sévèrement ces déclarations, Roland-Garros envoie un signal clair : la critique sportive est légitime, mais le sexisme ne saurait être considéré comme une opinion parmi d’autres.
