#5000VOICES – Sophie Chacron, Transdev : femmes, métiers et neurosciences, comment dépasser nos biais ?

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Directrice des Ressources Humaines de Transdev pour les régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire, Sophie Chacron accompagne 4 200 collaborateurs au sein de 29 entités. Passionnée de psychologie et de neurosciences, elle explore ce que le fonctionnement de notre cerveau dit de nos comportements au travail : intuition, stress, motivation, reconnaissance, biais ou capacité à changer. Pour The Women’s Voices, elle raconte aussi ce que les métiers de terrain lui ont appris de l’humain et comment faire évoluer les représentations qui assignent encore certains métiers aux femmes et d’autres aux hommes.

Vous êtes formée à la psychologie et vous vous appuyez notamment sur les neurosciences. Qu’est-ce que comprendre le cerveau change dans votre manière d’accompagner les collaborateurs ?

Les neurosciences constituent un champ extrêmement passionnant et vaste. Lorsque notre mission consiste à accompagner les collaborateurs et les collaboratrices dans leur environnement de travail, il me semble important de pouvoir s’appuyer sur ce socle de connaissances.

Nous avons notamment fait intervenir des experts en neurosciences dans l’entreprise pour développer une approche plus globale et systémique de l’accompagnement des collaborateurs. Cela permet de travailler sur des sujets devenus très structurants dans nos environnements professionnels : la concentration, la planification, l’anticipation, mais aussi la charge mentale.

Comprendre comment fonctionne notre cerveau, identifier les moments où il commence à envoyer des signes d’usure et apprendre à mieux réguler sa charge mentale professionnelle sont devenus des enjeux importants.

Pourquoi la reconnaissance joue-t-elle un rôle aussi important dans l’engagement et la motivation au travail ?

La reconnaissance est essentielle à l’engagement. Et elle se joue d’abord au quotidien. Reconnaître un collaborateur ou une collaboratrice, c’est savoir dire « bravo », « merci », mais c’est aussi savoir voir la personne et reconnaître son travail.

Cela va bien au-delà des processus formels, comme l’entretien annuel. La reconnaissance appartient pleinement à la relation managériale. Elle se construit chaque jour et suppose de donner au collaborateur le bon espace, la bonne place et la possibilité de contribuer pleinement au collectif.

Comment dépasser les représentations qui associent encore certains métiers aux hommes et d’autres aux femmes ?

Il faut être très proactif. Nous avons par exemple développé en Bretagne un dispositif de recrutement événementiel qui allait directement à la rencontre des habitants d’un territoire.

À travers un escape game, les participants étaient amenés à se mettre dans la peau d’un recruteur. Au cœur du scénario, il y avait justement cette question des compétences : une femme peut être mécanicienne, conduire un bus, un car ou un véhicule léger. L’objectif était de déplacer le regard porté sur les métiers et de montrer qu’une compétence n’a pas de genre.

Cette démarche est née notamment d’un challenge lancé par la Région Bretagne : concrètement, que font les entreprises présentes sur le territoire pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes ? C’est cette interrogation qui a été le point de départ de cette aventure, qui a ensuite été récompensée.

Attirer davantage de jeunes femmes est une première étape. Comment leur donner ensuite envie de rester et de construire leur carrière dans ces métiers ?

Nous développons notamment des programmes dédiés pour accélérer l’évolution professionnelle des femmes à l’intérieur du groupe.

Il faut également savoir s’adresser directement à elles. L’écriture inclusive, par exemple, peut paraître symbolique, mais les mots comptent : ils permettent de montrer que les opportunités professionnelles s’adressent à toutes et à tous.

Aujourd’hui, chez Transdev, des femmes sont mécaniciennes, conductrices et occupent de nombreux métiers qui ont longtemps été perçus comme masculins. Plus elles sont présentes, plus ces représentations peuvent évoluer.

Transdev recrute actuellement. Que diriez-vous à une jeune femme qui regarde votre secteur mais qui n’imagine pas encore forcément y avoir sa place ?

Je lui dirais d’abord : venez nous rencontrer. Nous sommes passionnés par nos métiers et nous avons envie de les faire découvrir. Ce sont des métiers porteurs de sens, avec un sentiment d’appartenance très fort et un lien très direct avec l’activité.

Et plutôt que de simplement en parler, nous pouvons proposer de les expérimenter. Nous disposons notamment de simulateurs de conduite qui permettent de se mettre aux commandes d’un véhicule et de découvrir très concrètement le métier.

On peut alors très rapidement sentir si cet univers nous intéresse. Et si c’est le cas, nous sommes prêts à former ces femmes et à les accompagner tout au long du parcours. Il ne faut donc pas commencer par se demander : « Est-ce que ce métier est fait pour une femme ? », mais plutôt : « Est-ce que ce métier est fait pour moi ? »

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#5000VOICES est une initiative qui amplifie les voix des femmes, rejoignez nous!

Ce programme est soutenu par Transdev, Accor, La Fondation Kering et le Ministère de la Culture.

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