Précarité menstruelle : remboursement des protections périodiques réutilisables pour les femmes de moins de 26 ans

AccueilNewsPrécarité menstruelle : remboursement des protections périodiques réutilisables pour les femmes de...

À la veille de la rentrée universitaire, le Gouvernement franchit une étape décisive dans la lutte contre la précarité menstruelle. Le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les femmes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) devient effectif, concrétisant une promesse inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024.

Longtemps portée par les associations, les professionnelles de santé et de nombreuses parlementaires, cette mesure répond à une réalité persistante : en France, des millions de femmes doivent encore arbitrer entre hygiène intime et contraintes budgétaires.

Une réponse politique à une inégalité structurelle

Derrière cette réforme, un constat simple mais implacable : les règles ont un coût, et ce coût pèse davantage sur les plus jeunes et les plus précaires. En ciblant près de 6,7 millions de bénéficiaires, le dispositif entend corriger une inégalité silencieuse mais massive.

Au-delà de la seule dimension économique, la mesure s’inscrit dans une approche plus globale de santé publique. Elle encourage l’usage de protections réutilisables — cup, culottes menstruelles — perçues comme plus durables, mais aussi potentiellement plus sûres pour la santé.

Pour Stéphanie Rist, ministre de la santé et des familles, il s’agit d’un tournant assumé dans l’action publique :

« La précarité menstruelle n’est pas une fatalité : c’est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination. En permettant le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les jeunes femmes et les plus vulnérables, nous faisons un choix clair : celui de la dignité, de l’égalité et de la santé pour toutes. Cette mesure concrète, attendue depuis longtemps, marque une avancée majeure de notre modèle social, en soutenant à la fois le pouvoir d’achat et des pratiques plus durables. »

Lever les tabous, enfin

Si la question des protections périodiques a longtemps été reléguée au rang de sujet intime, voire invisible, elle s’impose désormais comme un enjeu politique à part entière. La décision du Gouvernement marque aussi une volonté de transformation culturelle : parler des règles, c’est parler de droits.

Aurore Bergé, ministre de l’égalité femmes-hommes, inscrit explicitement cette réforme dans une logique de rupture avec les stigmates persistants :

« Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c’est une question de santé et dignité. Il est de notre responsabilité de briser les tabous qui entourent encore trop souvent le corps des femmes : la honte, la désinformation, les obstacles qui privent nombre d’entre elles d’un accès simple à des protections adaptées. En rendant les protections périodiques réutilisables accessibles à toutes les femmes de moins de 26 ans et aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, nous tenons notre engagement et posons un acte concret pour l’égalité réelle. »

Une mesure sociale, économique et écologique

Trois objectifs structurent cette réforme : lutter contre la précarité menstruelle, soutenir le pouvoir d’achat et accélérer la transition vers des produits plus durables.

Ce triptyque n’est pas anodin. Il traduit une évolution des politiques publiques, où les enjeux d’égalité femmes-hommes croisent désormais ceux de la transition écologique et de la justice sociale.

Car au-delà du remboursement, c’est bien une nouvelle norme qui s’installe : celle d’un accès universel à des protections adaptées, sans arbitrage ni renoncement.

Une avancée… et après ?

Si cette mesure constitue une avancée majeure, elle pose déjà la question de son extension. Gratuité totale ? Élargissement à toutes les femmes, sans condition d’âge ou de ressources ? Intégration dans les politiques européennes de santé ?

Autant de débats qui s’ouvrent désormais, dans un contexte où la précarité menstruelle n’est plus un angle mort, mais un indicateur des inégalités contemporaines.

À retenir

Le remboursement des protections périodiques pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la CSS marque une inflexion claire : celle d’un État qui reconnaît que l’égalité passe aussi par le corps.

Découvrez aussi