« À corps ouvert » : Vahina Giocante publie son livre sur sa reconstruction après l’inceste

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L’actrice de « 99 francs », Vahina Giocante, brise le silence sur l’inceste dans son livre intitulé À corps ouvert, publié aux éditions Robert Laffont. Victime d’abus de son père dès l’âge de 5 ans, l’actrice de 42 ans entamait alors un long chemin de reconstruction jusqu’à la publication de son livre aujourd’hui, « sur l’amour et le pardon ».

Un long processus de reconstruction

À corps ouvert c’est l’histoire d’une fillette de 5 ans abusée par son père. C’est l’histoire de Vahina Giocante, âgée de 42 ans aujourd’hui, qui confie dans ses lignes, quelques détails  du long processus de reconstruction qu’elle entame juste avant ses 17 ans, lorsqu’elle  porte plainte contre son géniteur, pour protéger ses sœurs cadettes.

Il y a quelques jours, l’actrice accorde une interview à Sept à huit sur TF1, où elle revient sur son histoire bouleversante. »Et si c’était le moment de la transparence du partage et du courage », écrit dans son ouvrage celle qui est aussi maman.

C’est à l’âge de 4 ou 5 ans, au moment d’un bain, que tout commence avec son père. Elle explique que c’est à ce moment-là qu’elle a été victime d’inceste pour la première fois. Sa mère n’était pas présente car ses parents étaient séparés depuis qu’elle avait 1 an et demi.

Des « câlins qui dérapent »

« J’étais en vacances, donc l’espace était très libre, très propice à ce genre de moments. Il y a eu des siestes aussi, avec des attouchements. Ce ne sont jamais des moments de violence, mais des câlins qui basculent », raconte la comédienne. « D’ailleurs, il le dit : ‘Ça dérape !' », poursuit-elle. Seulement ces « câlins qui dérapent (…) s’intensifient avec les années ». « Dieu merci, pas jusqu’à la pénétration et c’est je pense ce qui m’a sauvée », précise l’actrice dans Sept à Huit.

Mais « il y a fellation », explique Vahina Giocante face caméra. À l’époque, elle n’a que sept ans et parle d’« écoeurement »« On dépasse la limite de la tendresse d’un père et on passe au désir d’un homme », analyse celle qui précise que son père lui proposait d’essayer des choses « toujours sous forme de jeu ou d’expérience ». Audrey Crespo-Mara lui demande alors « Et vous n’en parlez à personne, pourquoi ? »

Victime d’inceste de ses 5 à 10 ans

« Il me dit que si j’en parle les conséquences pourraient être très graves, qu’il pourrait aller en prison et qu’on serait séparés pour toujours », répond celle qui estime que son père l’a « à ce moment-là, rendue complice de crime ».

Vahina Giocante dit avoir été victime d’inceste de ses 5 à 10 ans. Elle demande alors à sa mère de ne plus aller en vacances chez son père. « Je pense qu’il a eu très peur à ce moment-là, il a eu peur que je parle », se souvient-elle sur TF1.

« Tremblante, mais déterminée », elle appelle alors son père. Elle lui dit alors se souvenir de tout et avoir la volonté de « comprendre ». Il lui répond : « Tu ne peux pas savoir la culpabilité qui traîne sous mon lit depuis toutes ces années ». Elle lui annonce alors qu’elle va porter plainte contre lui.

Condamné à trois ans de prison dont un avec sursis

Le procès a eu lieu en 2000 après deux années d’enquête. Père et fille se sont retrouvés devant le juge. Il tente alors de la faire passer pour une « perverse », mais le piège se referme sur lui. L’homme « a été condamné dans la foulée », effectuant trois ans de prison, dont un avec sursis. Il maintient être une « victime d’une erreur judiciaire ». Vahina Giocante rappelle que son affaire fait partie des 3% de dossiers de ce genre qui aboutissent à une condamnation.

Elle comprend alors qu’« il n’y a pas de plus grande épreuve que d’envoyer son père en taule quand on a 17 ans ». Dans son livre, la jeune femme se dit en proie à des sentiments contradictoires de « honte » ou de « culpabilité ». Car c’est l’amour d’une petite fille à son père, « ce lien unique entre un père et sa fille », qui a été piétiné.

Un effroyable leurre de tendresse 

Ce paradoxe amer, elle l’explique dans les colonnes de Paris Match: sa « plus grande chance » a été que l’agression se passe « de violence ». Mais elle constitue aussi un effroyable leurre de tendresse qui précipite la confusion des sentiments chez l’enfant. « Je comprends que les gens aient du mal à comprendre ce paradoxe », affirme celle qui a eu le déclic lorsqu’elle a compris qu’elle n’était pas seule à vivre cette situation.

« J’ai pris conscience de la gravité de l’acte à partir du moment où ça touchait ma sœur », ajoute celle qui admet ne pas savoir si elle aurait « trouvé la force de porter plainte et de l’exposer » dans le cas où elle aurait été « sa seule victime ». « On a souvent du mal à se considérer comme une victime. Je pensais que ce qu’il m’avait fait n’était pas si grave. C’est un mécanisme très étrange. »

À corps ouvert, un livre sur l’amour et le pardon

Aujourd’hui, après « toutes les thérapies possibles et imaginables », Vahina Giocante se sent apaisée. Elle a eu un fils, Nino, à 20 ans, et lui assure même avoir « pardonné » à son père et n’avoir plus « aucune colère » en elle. Ce livre lui est même dédié, « car c’était une façon de lui rendre cette histoire. Les derniers mots de mon récit lui sont d’ailleurs adressés, car il s’agit d’un livre sur l’amour et le pardon ».

Vahina Giocante pense que son père ne lira « probablement pas » À corps ouvert. Elle espère alors que ses mots feront écho dans le cœur d’autres personnes qui ont à surmonter « une telle déflagration ».

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