À l’issue du second tour des élections municipales 2026, un constat s’impose : malgré une progression continue de la parité dans les candidatures, les femmes restent largement sous-représentées à la tête des grandes villes françaises — et leur nombre recule.
Seules huit villes de plus de 100 000 habitants seront dirigées par des femmes, contre onze en 2020. Une évolution qui marque un coup d’arrêt, voire un recul, dans la féminisation du pouvoir municipal.
Huit femmes maires dans les grandes villes : qui sont-elles ?
Parmi les villes les plus importantes du pays, huit femmes accèdent ou se maintiennent à la tête de leur municipalité.
Nathalie Appéré — Rennes
Maire socialiste de Rennes depuis 2014, Nathalie Appéré est réélue pour un nouveau mandat. Figure installée de la gauche locale, elle incarne une continuité politique dans une ville historiquement ancrée à gauche.
Johanna Rolland — Nantes
Maire socialiste depuis 2014, Johanna Rolland entame un troisième mandat consécutif. Elle est l’une des rares femmes à diriger une grande métropole et s’impose comme une figure nationale de la gauche territoriale.
Nathalie Koenders — Dijon
Socialiste également, Nathalie Koenders conserve la mairie de Dijon. Elle s’inscrit dans une tradition politique locale stable, dans une ville où la gauche reste solidement implantée.
Josée Massi — Toulon
Candidate divers droite, Josée Massi confirme son ancrage politique dans une ville longtemps dirigée par la droite. Sa réélection marque une forme de stabilité dans un paysage local souvent polarisé.
Laurence Ruffin — Grenoble
Candidate de l’union de la gauche et des écologistes, Laurence Ruffin crée la surprise en battant Alain Carignon (LR). Elle incarne un renouvellement politique dans une ville emblématique des recompositions à gauche.
Catherine Trautmann — Strasbourg
Ancienne maire de Strasbourg (1989–1997 et 2000–2001), Catherine Trautmann fait son retour à la tête de la ville. Figure historique du Parti socialiste, elle s’impose face à ses adversaires dans une ville stratégique.
Un recul marqué dans les grandes métropoles
Le constat est encore plus frappant à l’échelle des plus grandes villes françaises.
Sur les 10 principales métropoles :
2 seulement sont dirigées par des femmes en 2026
contre 5 en 2020
Il s’agit de :
- Johanna Rolland à Nantes
- Catherine Trautmann à Strasbourg
En 2020, la situation était sensiblement différente :
- Anne Hidalgo à Paris
- Martine Aubry à Lille
- Johanna Rolland à Nantes
- Jeanne Barseghian à Strasbourg
- Michèle Rubirola à Marseille (avant de céder son poste)
Ce recul souligne une réalité : la féminisation du pouvoir municipal n’est ni acquise, ni irréversible.
Des femmes remplacées par des hommes dans plusieurs villes
Plusieurs grandes villes dirigées par des femmes en 2020 ont basculé en 2026.
Paris
La maire sortante Anne Hidalgo est remplacée par Emmanuel Grégoire (PS), qui l’emporte face à Rachida Dati.
Besançon
La maire écologiste sortante est battue par Ludovic Fagaut (LR).
Mulhouse
La maire Michèle Lutz est remplacée par Frédéric Marquet, candidat indépendant.
Ces bascules participent directement à la baisse du nombre de femmes maires dans les grandes villes.
Parité : un progrès réel… mais insuffisant
Les municipales 2026 ont pourtant été marquées par une avancée majeure :
👉 la généralisation de la parité dans toutes les communes, y compris celles de moins de 1 000 habitants
Résultat :
- près de 48,5% des candidats sont des femmes
- les conseils municipaux approchent les 42% de femmes
Mais ce progrès ne se traduit pas au sommet.
👉 Seules 20% des maires sont des femmes en France
Pourquoi les femmes restent minoritaires au pouvoir ?
Plusieurs facteurs expliquent ce décalage persistant entre représentation et pouvoir.
Le filtre des têtes de liste
Les femmes restent minoritaires parmi les leaders politiques locaux. Or ce sont majoritairement les têtes de liste qui accèdent à la fonction de maire.
Le poids du mandat
La fonction de maire exige une disponibilité constante, difficilement compatible avec les inégalités persistantes dans la répartition des responsabilités familiales.
Les réseaux politiques
Les investitures locales reposent encore largement sur des réseaux historiques, souvent masculins.
Une dynamique politique encore fragile
Les municipales 2026 révèlent une contradiction :la parité progresse dans les règles mais stagne — voire recule — dans les résultats
Cette situation montre que les obstacles ne sont plus uniquement juridiques.
Ils sont désormais : politiques, sociaux, culturels.
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