Le propriétaire du site porno « Jacquie et Michel » au cœur d’une enquête pour viols et proxénétisme

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Michel Perron, propriétaire du site Jacquie et Michel, rassemblant de la pornographie amateure, a été placé en garde à vue cette semaine, ainsi que quatre autres personnes pour viols et proxénétisme, dans le cadre d’une enquête ouverte en juillet 2020.

Michel Perron est notamment accusé d’agressions sexuelles mais aussi de complicité de viols aggravés, proxénétisme aggravé et traite des êtres humains .

Une enquête avait été lancée par le parquet en juillet 2020 ; après des dizaines de signalements réalisés par différentes associations notamment Osez le féminisme !, les Effronté.e.s, et le Mouvement du Nid. Elles avaient recueilli le témoignage de plusieurs femmes, actrices, qui avaient été obligées de réaliser « des pratiques sexuelles hors normes et douloureuses » alors qu’elles n’étaient pas consentantes.

La question de la responsabilité du diffuseur

Le groupe Jacquie et Michel a été fondé il y a une vingtaine d’années et réalise plus de 15 millions de chiffre d’affaires en mettant en avant des réalisations dites « amateures. »

L’avocat du site pornographique se défend en indiquant que : « le groupe Jacquie et Michel n’a jamais produit au réaliser de filmer et n’est que le diffuseur de films réalisés par des producteurs indépendants » et que : la pornographie n’a jamais été assimilée à de la prostitution : une actrice porno n’est pas une prostituée un réalisateur diffusant n’est pas un proxénète »

Du côté des associations, on se réjouit : « c’est un grand jour pour toutes les femmes victimes et la fin de l’impunité pour l’industrie criminelle pornographique. »

La pornographie au cœur d’affaires extrêmement violentes

Plusieurs journalistes avaient déjà témoigné d’inquiétantes pratiques dans le milieu de la pornographie, Le Monde avait publié une enquête concernant les profils ciblées par les auteurs : des jeunes femmes, précaires, fragiles, à la recherche de quelques centaines d’euros, et qui se retrouvaient embringuées dans des pratiques d’une extrême violence avec des partenaires multiples.

Robin D’Angelo, journaliste, avait d’ailleurs publié un ouvrage intitulé « Judy, Lola, Sophia et moi » paru aux éditions Goutte d’Or, dans lequel il expliquait en détail une absence récurrente de consentement et le non-respect du droit du travail.

Le Haut Conseil à l’Egalité travaille désormais sur la question de la pornographie, et notamment sur les pratiques terribles de la plate-forme « French Bukkake », autre enquête dans la pornographie amateure ou de nombreuses victimes ont été recensées.

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