Génération Z : un tiers des jeunes hommes pensent qu’une épouse doit obéir à son mari

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À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, une étude mondiale d’Ipsos menée dans 29 pays auprès de plus de 23 000 personnes révèle une réalité terrible : malgré des décennies de progrès, certaines normes patriarcales continuent de structurer les mentalités — y compris chez les plus jeunes générations.

Et certains résultats sont particulièrement frappants.

Un tiers des jeunes hommes pensent qu’une épouse doit obéir

Selon l’étude, près d’un tiers des hommes de la génération Z estiment qu’une épouse devrait toujours obéir à son mari.

Autre chiffre révélateur :

  • 33 % des hommes Gen Z pensent que l’homme devrait avoir le dernier mot dans les décisions importantes du couple.

Ces résultats montrent que des représentations très traditionnelles du couple — fondées sur l’autorité masculine — restent présentes chez une partie de la jeunesse.

L’étude souligne d’ailleurs que les hommes de la génération Z sont les plus susceptibles d’adhérer à des normes de genre traditionnelles, tant pour les femmes que pour les hommes.

Le sentiment que l’égalité est allée « trop loin »

Paradoxalement, alors que les inégalités persistent dans de nombreux domaines, une part importante de la population estime que l’égalité aurait déjà été atteinte.

Ainsi :

  • 52 % des personnes interrogées dans le monde pensent que l’égalité entre les femmes et les hommes est allée suffisamment loin dans leur pays.

Et ce sentiment est encore plus fort chez les hommes.

L’étude révèle également que :

  • 46 % des personnes pensent que l’on demande trop aux hommes pour soutenir l’égalité.
  • 44 % estiment que la promotion de l’égalité discrimine désormais les hommes.

Ces chiffres illustrent ce que certains chercheurs appellent un backlash antiféministe.

Un fossé croissant entre jeunes femmes et jeunes hommes

Les résultats mettent aussi en lumière une polarisation générationnelle.

Par exemple :

  • 54 % des femmes de la génération Z se définissent comme féministes
  • contre 36 % des hommes de la même génération.

Ce décalage souligne l’émergence de visions du monde très différentes entre jeunes femmes et jeunes hommes.

Une société encore structurée par les rôles de genre

Malgré un discours largement favorable à l’égalité, les stéréotypes restent profondément ancrés.

Dans l’étude :

  • 17 % des personnes considèrent que la garde des enfants devrait principalement relever des femmes
  • et 24 % pensent que gagner l’argent du foyer est surtout la responsabilité des hommes.

Ces représentations témoignent de la persistance de normes familiales traditionnelles.

L’égalité reste pourtant une aspiration majoritaire

Malgré ces tensions, l’égalité entre les femmes et les hommes demeure une valeur importante pour la majorité de la population.

  • 68 % des personnes interrogées dans le monde déclarent que parvenir à l’égalité est important pour elles personnellement.

Par ailleurs :

  • 60 % pensent que la société fonctionnerait mieux avec davantage de femmes à des postes de responsabilité.

Ces résultats traduisent une contradiction : un soutien de principe à l’égalité, mais des résistances persistantes face aux transformations sociales qu’elle implique.

Un signal d’alerte pour les démocraties

Au-delà des chiffres, l’étude met en lumière une évolution préoccupante.

Alors que les jeunes générations étaient souvent considérées comme plus progressistes, une partie de la jeunesse masculine semble aujourd’hui se tourner vers des normes plus traditionnelles.

Dans un contexte marqué par la montée des discours virilistes sur les réseaux sociaux et dans certains mouvements politiques, ces résultats interrogent :

la bataille pour l’égalité femmes-hommes se joue désormais autant dans les imaginaires culturels et numériques que dans les lois et les politiques publiques.

Et l’idée qu’« une épouse doit obéir à son mari » rappelle brutalement que les normes patriarcales restent loin d’avoir disparu.

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