Crans-Montana : le gérant du bar, ancien proxénète condamné, au cœur d’un drame meurtrier

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Avant l’incendie qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes à Crans-Montana, le principal gérant du bar concerné était déjà connu de la justice française. Condamné pour proxénétisme aggravé et pour fraude aux prestations sociales, il fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pénale en Suisse pour des faits de négligence.

Le bar Le Constellation, établissement festif très fréquenté de la station valaisanne, était exploité par Jacques Moretti, restaurateur français installé en Suisse depuis plusieurs années. Son nom apparaît depuis longtemps dans les archives judiciaires françaises.

Un gérant condamné pour proxénétisme aggravé

En 2008, Jacques Moretti a été condamné par le tribunal correctionnel d’Annecy pour proxénétisme aggravé. Le tribunal l’a jugé coupable d’avoir « embauché, entrainé ou détourné » plusieurs femmes « en vue de leur prostitution », ‘tiré profit de cette prostitution » et fait office « d’intermédiaire » avec d’autres personnes « exploitant ou rémunérant Ia prostitution d’autrui ». La juridiction lui reprochait d’avoir recruté plusieurs femmes en vue de leur prostitution, d’avoir organisé leur activité, fixé les tarifs et perçu les bénéfices issus de cette exploitation.

Les faits concernaient notamment un salon de massages situé en Suisse, présenté comme une activité de bien-être mais utilisé comme façade pour une activité prostitutionnelle structurée. Le tribunal a estimé que Jacques Moretti ne se limitait pas à un rôle administratif, mais qu’il exerçait une gestion de fait de cette activité.

La peine prononcée s’élevait à douze mois de prison, dont huit mois avec sursis, après une période de détention provisoire.

Une condamnation pour fraude aux prestations sociales

Outre cette condamnation pour proxénétisme, plusieurs sources de presse font état d’une condamnation distincte pour fraude aux prestations sociales. Selon ces articles, Jacques Moretti aurait perçu des allocations tout en exerçant une activité professionnelle non déclarée, ce qui a conduit à une sanction pénale.

Ces faits sont rapportés comme ayant donné lieu à une décision judiciaire et ne relèvent pas de simples soupçons.
Source : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/proxenetisme-aggrave-qui-est-jacques-moretti-proprietaire-corse-du-bar-de-l-incendie-a-crans-montana-et-connu-de-la-justice-francaise-7900586360

L’incendie de Crans-Montana

Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, un incendie s’est déclaré dans le bar Le Constellation alors que plusieurs centaines de personnes célébraient le passage à la nouvelle année. Le feu s’est propagé extrêmement rapidement, notamment en raison d’éléments décoratifs inflammables et d’un isolant acoustique présent au plafond.

Le bilan humain est lourd : environ quarante personnes ont perdu la vie et plus d’une centaine ont été blessées, certaines grièvement. Les victimes étaient de plusieurs nationalités, principalement de jeunes adultes présents pour les festivités du Nouvel An.
Sources :
https://www.reuters.com/world/swiss-prosecutors-summon-owners-ski-resort-bar-after-deadly-blaze-2026-01-09/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_du_bar_Le_Constellation

Une enquête pénale en cours

À la suite du drame, les autorités suisses ont ouvert une enquête pénale visant les exploitants de l’établissement, dont Jacques Moretti et son épouse, co-gérante du bar. Les chefs d’enquête portent notamment sur des homicides par négligence, des lésions corporelles par négligence et un incendie par négligence.

Les investigations cherchent à déterminer si les normes de sécurité incendie étaient respectées, si les dispositifs festifs utilisés étaient autorisés et si des manquements structurels ont contribué à l’ampleur du drame.
Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/03/incendie-de-crans-montana-ouverture-d-une-instruction-penale-contre-les-gerants-francais-du-bar_6660441_3210.html

Un passé judiciaire qui interroge

Si le passé judiciaire d’un exploitant ne constitue pas en soi une preuve de responsabilité dans un incendie, il interroge néanmoins sur les contrôles, les autorisations d’exploitation et la vigilance des autorités face aux profils dirigeant des établissements recevant du public.

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