Elizabeth II : Une reine pas si féministe ?

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Alors que l’actrice Olivia Coleman, qui interprète Elizabeth II dans la série The Crown, lui a rendu hommage en la qualifiant de  “féministe ultime” qu’en est-il vraiment des positions de la reine?

Des décisions strictes

Le féminisme n’a pas échappé au silence que s’imposait Elizabeth II sur les questions de société. En 70 ans, pas un mot n’aura été prononcé sur l’égalité des salaires ou les violences faites aux femmes. Dans une chronique sur France Inter, la présidente de la Fondation des Femmes, Anne-Cécile Mailfert, admettait, au lendemain de sa mort, que pour « la cause des femmes, elle ne sera pas une alliée ». 

Et c’est d’ailleurs avec les femmes qui ont partagé sa vie que la reine aura surement été la plus stricte. “Sa pratique de la règle monarchique laissera de côté toutes celles qui exprimeront une trop franche liberté : de sa sœur Margareth à Lady Diana et sûrement jusqu’à Meghan Markle. « Never explain, never complain » (n’explique jamais, ne te plains jamais) rappelle que pour les femmes, le respect se gagne en restant à sa place. », poursuivait Anne-Cécile Mailfert au micro de France Inter. Rappelons qu’après avoir peiné à accepter le divorce de son fils, la reine a aussi refusé pendant plusieurs années que Charles épouse son véritable amour, Camilla, roturière et divorcée. Elle avait même refusé d’être présente à leur mariage civil.  

Dans un autre domaine plus léger peut-être, la reine d’Angleterre a toujours tenu à appliquer à la lettre le protocole royal le plus strict, qui n’est pas des plus féministes. Manucure impeccable mais jamais colorée, robe descendant sous le genou, ou encore collants obligatoires par n’importe quelle météo,… On ne peut pas dire que ces règles laissent une grande place à l’expression de la féminité ou de la différence. 

Certaines positions modernes

Bien que très stricte et conservatrice sur certains sujets, la reine Elizabeth a tout de même mis fin à une tradition masculine historique en abolissant la règle de primogéniture masculine. C’est, et ce depuis 2013, le premier, ou la première née qui accédera au trône, et non plus le premier garçon. 

Seule femme entourée d’hommes au pouvoir dans le monde entier, elle est restée une grande amoureuse de conduite et de voitures. Elizabeth s’était même engagée au Service Territorial Auxiliaire, branche féminine de l’armée britannique à 19 ans seulement, et contre l’avis de son père. 

Tout au long de son règne, Queen mum a également su s’affirmer en tant que femme face à tous les plus grands dirigeants du monde. Comme ce jour de septembre 1991 où elle conduit elle-même le volant de la voiture qui transporte le prince Abdallah, lors d’une visite à Balmoral. Un message d’affirmation subtile à l’Arabie Saoudite qui n’a pas laissé les femmes saoudiennes conduire avant 2017.

Plus récemment, elle a retiré ses privilèges royaux à son fils Andrew, accusé d’être beaucoup trop proche du pédocriminel américain Jeffrey Epstein. Mais, beaucoup ont accusé cette dernière de l’avoir fait uniquement par souci de protéger la réputation de la monarchie. 

Bien qu’ayant incarné le pouvoir dans les mains d’une femme pendant plus de 70 ans, la reine Elizabeth II n’aura pas assez profité de sa place privilégiée pour faire avancer la cause de féminine.

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