Cannes 2026 : Lukas Dhont remporte le Prix du Cinéma Positif pour Coward, une édition marquée par les débats sur les récits, l’inclusion et l’urgence climatique

AccueilCultureCannes 2026 : Lukas Dhont remporte le Prix du Cinéma Positif pour...

À Cannes, la Semaine du Cinéma Positif 2026 a une nouvelle fois confirmé sa place comme l’un des espaces de réflexion les plus engagés du Festival. Organisée pendant le 79e Festival International du Film de Cannes, cette 11e édition, créée par Jacques Attali et Sam Bobino, a réuni artistes, producteurs, institutions et acteurs de la société civile autour d’une ambition commune : défendre un cinéma capable d’éveiller les consciences et de contribuer à un monde plus inclusif, durable et solidaire.

Le réalisateur belge récompensé pour un film profondément humain sur la guerre, la fragilité et la liberté

Moment fort de cette édition : la remise du Prix du Cinéma Positif 2026 au réalisateur belge Lukas Dhont pour son nouveau long-métrage Coward, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes.

La récompense lui a été remise le 22 mai sur la plage du CNC par Jacques Attali, président fondateur de la Semaine du Cinéma Positif, et Estelle Lefébure, marraine de cette édition 2026, en présence également de Sam Bobino, cofondateur et directeur général de l’événement.

Coward, un film sur la masculinité, la peur et l’humanité

Avec Coward, Lukas Dhont poursuit son exploration des émotions masculines, de la vulnérabilité et des rapports humains déjà au cœur de ses précédents films Girl et Close.

Situé pendant la Première Guerre mondiale, le film suit deux jeunes soldats cherchant à préserver leur humanité, leur sensibilité et leur capacité à aimer au milieu de la violence et de la barbarie du front. Le réalisateur belge y oppose l’art, la fraternité et l’intime à la brutalité de la guerre.

À travers cette œuvre profondément sensible, Lukas Dhont interroge les notions de courage, de liberté et de masculinité dans un contexte dominé par la violence virile et les logiques de destruction. Une approche qui a particulièrement résonné avec les valeurs portées par le Prix du Cinéma Positif, qui distingue chaque année des œuvres contribuant à faire évoluer les regards et les consciences.

Déjà récompensé en 2018 pour Girl, Lukas Dhont confirme avec Coward la singularité d’un cinéma délicat, émotionnel et profondément humaniste.

Une édition centrée sur les grands enjeux du cinéma contemporain

Partenaire média de cette édition 2026, The Women’s Voices a participé aux différentes rencontres organisées sur la plage du CNC autour des mutations de l’industrie cinématographique et des grands enjeux contemporains qui traversent aujourd’hui le cinéma.

Parmi les temps forts de cette semaine : la table ronde intitulée « En quoi les récits portés par les femmes renouvellent-ils les codes du cinéma et notre regard sur le monde ? », animée par Cynthia Illouz, présidente et fondatrice de The Women’s Voices.

La discussion réunissait Zar Amir — actrice et réalisatrice franco-iranienne récompensée à Cannes en 2022 — Solène Saint-Gilles, responsable des programmes culturels de France Télévisions, ainsi que Jacques Attali.

Les échanges ont porté sur la transformation des récits dans le cinéma contemporain : émergence d’histoires plus intimes, plus sensibles et plus politiques, mais aussi difficultés persistantes d’accès au financement pour certains projets et certaines voix.

Les intervenants ont également abordé le rôle des diffuseurs publics dans l’évolution des représentations, la place accordée aux femmes réalisatrices dans les politiques éditoriales, ainsi que les dispositifs de bonus-malus mis en place par le CNC et détaillé par Gaëtan Bruel,  Président du CNC, pour encourager davantage de parité dans les productions audiovisuelles.

Inclusion professionnelle et entrepreneuriat culturel

Autre sujet majeur de cette édition : l’inclusion professionnelle dans les métiers du cinéma et l’accès aux réseaux de production.

La rencontre « Le cinéma comme moyen d’inclusion professionnelle : Positiv, le pouvoir d’entreprendre » a réuni Jacques Attali, Karim Tadjeddine, Radeda Kerboudj de Bpifrance, Mathilde Murielle Freoa ainsi qu’Alexandre Bretagne autour des questions d’entrepreneuriat culturel, d’accompagnement des jeunes talents et d’ouverture des industries créatives à des profils plus diversifiés.

Les discussions ont notamment porté sur les difficultés d’accès aux financements, aux formations et aux réseaux professionnels pour les jeunes créateurs issus de territoires ou de milieux moins représentés dans l’industrie audiovisuelle.

Le cinéma face à l’urgence climatique

Cette édition 2026 a également accordé une large place aux enjeux environnementaux avec une rencontre intitulée : « Face à l’urgence climatique, peut-on encore changer le scénario ? ».

Autour de Jacques Attali étaient réunis Rosalie Mann, présidente de No More Plastic Foundation, Agathe Duliscouet de ChangeNOW, Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France, ainsi que le réalisateur et surfer-activiste Miguel Blanco.

Les intervenants ont interrogé le rôle du cinéma dans la transformation des imaginaires écologiques : comment raconter le climat sans tomber dans le catastrophisme, comment produire des œuvres capables de mobiliser le public, et comment rendre les productions audiovisuelles elles-mêmes plus responsables sur le plan environnemental.

Une semaine de cinéma engagée à Cannes

À travers cette 11e édition, la Semaine du Cinéma Positif confirme sa volonté de faire du cinéma un espace de dialogue entre création artistique, responsabilité sociétale et réflexion politique.

Entre nouveaux récits, inclusion, entrepreneuriat culturel, urgence climatique et engagement humaniste, cette semaine organisée à Cannes a montré combien le cinéma contemporain est aujourd’hui traversé par des enjeux qui dépassent largement l’écran.

Découvrez aussi