Prince Andrew en garde à vue dans l’affaire Epstein : séisme historique pour la monarchie britannique

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L’image restera. Celle d’un ancien prince britannique, interrogé plusieurs heures dans un commissariat du Norfolk, puis relâché en soirée « en attendant la suite de l’enquête ».

L’ex-prince Andrew, frère cadet du roi Charles III, a été placé en garde à vue dans le cadre d’investigations liées à l’affaire Jeffrey Epstein.

Une arrestation sans précédent dans l’histoire moderne de la Couronne

Selon la police de Thames Valley, les investigations portent sur d’éventuels « manquements dans l’exercice de fonctions officielles » en lien avec la période où Andrew était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce (2001-2011). Des documents récemment publiés aux États-Unis auraient ravivé certaines interrogations.

Jamais, dans l’histoire contemporaine britannique, un membre aussi proche du souverain n’avait été interpellé dans le cadre d’une affaire pénale d’une telle ampleur.

Perquisitions à Sandringham et Royal Lodge

Les forces de l’ordre ont confirmé des perquisitions dans deux résidences associées à Andrew :

  • Sandringham, dans le Norfolk
  • Royal Lodge, à Windsor

L’une des perquisitions a été achevée, l’autre était encore en cours selon les autorités.

La BBC a diffusé une photographie du prince quittant le poste de police, le visage fermé, regard fixe — une image lourde de symboles pour une institution fondée sur la continuité et la stabilité.

L’ombre persistante de Jeffrey Epstein

L’affaire Epstein continue d’irriguer les sphères politiques et médiatiques internationales.

Le financier américain Jeffrey Epstein, accusé d’un vaste système d’exploitation sexuelle de mineures, est mort en détention en 2019. Une seule personne a été condamnée à ce jour : Ghislaine Maxwell, reconnue coupable de trafic sexuel de mineures en 2021 aux États-Unis.

Andrew a déjà été accusé par Virginia Giuffre d’agressions sexuelles alors qu’elle était mineure. Il a toujours démenti ces accusations. En 2022, une action civile s’est soldée par un accord financier à l’amiable de plusieurs millions de livres, sans reconnaissance de culpabilité.

Début février, la police britannique indiquait examiner des allégations selon lesquelles Andrew aurait transmis des informations confidentielles à Epstein lors de missions officielles en Asie.

Charles III : « La justice doit suivre son cours »

Dans un communiqué rare signé « Charles R. », le roi Charles III a déclaré :

« La justice doit suivre son cours. »

Tout en exprimant sa « plus profonde inquiétude », le souverain a affirmé coopérer pleinement avec les autorités.

Quelques heures plus tard, il apparaissait souriant lors de l’ouverture de la Fashion Week londonienne, illustrant la stratégie traditionnelle de continuité institutionnelle de la monarchie.

Réactions politiques et diplomatiques

Aux États-Unis, le président Donald Trump a qualifié l’arrestation de « très triste » et « mauvaise pour la famille royale ».

Le prince William et son épouse Catherine ont fait savoir qu’ils soutenaient la position officielle du roi, sans autre commentaire.

Dans l’opinion publique britannique, les réactions sont contrastées. Plusieurs Londoniens interrogés se disent « soulagés » de voir que « personne n’est au-dessus des lois ».

Une monarchie sous pression

Pour l’historienne Anna Whitelock (City University of London), cette séquence constitue un test majeur :

« Cela met à l’épreuve la transparence et les responsabilités de l’institution monarchique. »

L’expert royal Ed Owens parle quant à lui d’une « bombe non explosée » léguée par Elizabeth II à son fils.

Andrew reste, malgré sa disgrâce et la perte de ses titres militaires et patronages, huitième dans l’ordre de succession au trône.

Un tournant institutionnel ?

Cette garde à vue marque un tournant potentiel :

  • Sur le plan juridique : la coopération d’un membre de la famille royale avec une enquête pénale.
  • Sur le plan institutionnel : la capacité de la monarchie à affronter publiquement un scandale.
  • Sur le plan diplomatique : les ramifications internationales du dossier Epstein.

Si aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade, l’impact symbolique est déjà considérable.

La monarchie britannique, fondée sur la continuité, affronte une réalité nouvelle : celle d’une justice susceptible de s’exercer sans privilège apparent, même aux portes de Buckingham.

À retenir

  • Prince Andrew placé en garde à vue puis relâché.
  • Perquisitions à Sandringham et Royal Lodge.
  • Enquête liée à l’affaire Epstein et à son rôle d’envoyé spécial au commerce.
  • Réaction mesurée de Charles III.
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