Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne retenue en Iran a été réincarcérée pour avoir enfreint les règles de son incarcération à domicile. Emmanuel Macron qualifie cette incarcération de « totalement arbitraire ».
L’emprisonnement de la chercheuse
La chercheuse de 62 ans est retenue en Iran depuis 2019 et condamnée en mai 2020 pour atteinte à la sécurité nationale. L’Anthropologue experte de l’Iran post-révolutionnaire et son compagnon Roland Marchal, avaient été arrêtés à l’aéroport de Téhéran.
Les proches de la chercheuse contestent la décision du pays, qui refuse catégoriquement de laisser Fariba Adelkhah rejoindre la France, ne reconnaissant pas sa double nationalité.
Plusieurs sources s’inquiètent également de l’état de santé de la condamnée, affaiblie par la grève de la faim menée en 2019 pour protester contre son incarcération.
Accusée d’avoir enfreint les règles de son assignation à résidence, qui lui interdisaient de s’éloigner de plus de 300 mètres de son habitation. Ce non respect de la règle, la condamne à finir sa peine de 5 ans dans une prison de Téhéran.
Le chef adjoint du pouvoir judicaire d’Iran, Karem Gharibabadi, déclare « Malheureusement, Mme Adelkhah a délibérément enfreint des dizaines de fois les limites fixées à son assignation à résidence, et par conséquent, elle a été renvoyée en prison ».
En France, les actions de soutien se multiplient
Pour Sarah Hibou, directrice de recherche du CNRS et faisant partie du comité de soutient Fariba Adelkhah « Le problème n’est pas de savoir si Fariba Adelkhah a, ou n’a pas, respecté les dispositions de son assignation à résidence. La réalité est que cette assignation à résidence, la condamnation à cinq ans de prison et l’arrestation même de Fariba Adelkhah, le 5 juin 2019, n’ont jamais eu le moindre fondement et ont été autant d’actes iniques et illégitimes ».
Les actions contre l’emprisonnement de Fariba Adelkhah se multiplient, le 15 juin 2020, Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix, apportait son soutient à la chercheuse.
Le 20 mars 2020, Roland Marchal avait été libéré dans le cadre d’un échange de détenu entre l’Iran et la France.
Plusieurs manifestations de soutien sont organisées en faveur du soutien à Fariba Adelkhah depuis 2019.
Le président français Emmanuel Macron, a qualifié ce jeudi 13 janvier 2020 la décision des autorités iraniennes de « totalement arbitraire » affirmant mobiliser toutes les ressources pour la « libération de la chercheuse ».
