Sonia Mabrouk démissionne de CNews : entre condamnations de Morandini et tensions internes

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La journaliste Sonia Mabrouk a annoncé sa démission de CNews après plusieurs semaines de tensions internes provoquées par la décision de la chaîne de maintenir l’animateur Jean-Marc Morandini à l’antenne malgré ses condamnations judiciaires définitives.

Dès le 20 janvier, interrogée en direct, elle avait publiquement exprimé sa position, affirmant que le respect qu’elle porte à sa direction ne signifiait pas « cautionner » cette décision et reconnaissant :

« Je n’en dors pas depuis plusieurs jours. » (ladepeche.fr)

Elle avait également précisé que la décision de maintenir l’animateur « ne lui appartenait pas », tout en estimant « légitime » d’en questionner la pertinence compte tenu de la gravité des faits.

Dans son communiqué annonçant son départ, la journaliste a indiqué que sa « boussole restera la préservation de l’intérêt des victimes », évoquant une dégradation de ses relations avec une partie de la direction depuis cette prise de position.

Condamnation définitive pour corruption de mineurs : ce qu’a décidé la justice

Le cœur de la controverse repose sur les décisions judiciaires rendues contre Jean-Marc Morandini.

Le 14 janvier 2026, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi, rendant définitive sa condamnation pour corruption de mineurs, confirmant l’arrêt de la cour d’appel de Paris. (Le Club des Juristes)

La justice lui reproche d’avoir adressé des messages à caractère sexuel à trois adolescents entre 2009 et 2016, faits constitutifs de sollicitations sexuelles envers mineurs. (Le Club des Juristes)

La peine prononcée en appel comprend :

  • 2 ans de prison avec sursis ;
  • 20 000 euros d’amende ;
  • interdiction définitive de travailler au contact de mineurs ;
  • inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS). (Wikipédia)

Cette décision a été confirmée après plusieurs années de procédure judiciaire, depuis les premières poursuites engagées dans les années 2010.

Une seconde condamnation devenue définitive pour harcèlement sexuel

L’animateur a également été condamné dans une autre affaire liée au casting d’une websérie, reconnu coupable d’avoir exercé des pressions à caractère sexuel sur un jeune comédien.

En appel, il a écopé de 18 mois de prison avec sursis, condamnation devenue définitive après le retrait de son pourvoi en cassation. (Le Club des Juristes)

Ces condamnations cumulées ont renforcé la controverse entourant son maintien à l’antenne, plusieurs responsables politiques et personnalités publiques annonçant boycotter son émission.

Une crise interne révélatrice des tensions éditoriales

Le maintien de l’animateur à l’antenne malgré ces décisions judiciaires a provoqué des divisions internes au sein de la chaîne et alimenté un débat public sur la responsabilité éditoriale des médias d’information.

Certaines figures de l’antenne ont pris leurs distances avec cette décision, tandis que des critiques politiques ont dénoncé le message envoyé au public et aux victimes. Dans le même temps, la direction du groupe audiovisuel a assumé son choix éditorial, estimant que la décision relevait de sa liberté de programmation. (Télérama)

La démission de Sonia Mabrouk constitue ainsi un tournant majeur dans cette séquence médiatique, symbolisant les tensions entre lignes éditoriales, responsabilité sociétale des médias et attentes éthiques croissantes du public.

Un débat plus large sur l’éthique des médias

Au-delà du cas individuel de l’animateur, cette affaire relance une question centrale pour l’ensemble du secteur audiovisuel : la manière dont les chaînes doivent gérer la présence à l’antenne de personnalités condamnées pénalement, notamment dans les affaires liées aux violences sexuelles et à la protection des mineurs, mais aussi la place des magnat des médias comme Vincent Bolloré.

La crise ouverte à CNews relance de nouveau la responsabilité et les standards dans l’espace médiatique, où les choix éditoriaux sont désormais scrutés non seulement à l’aune de l’audience, mais aussi de l’exigence éthique et de la confiance du public.

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