Rapport accablant sur le sexisme sur YouTube

La Fondation des Femmes dénonce un sexisme « en liberté » dans un rapport sur l’image des femmes dans le secteur numérique, réalisé en partenariat avec Sciences Po.

Dans la continuité d’une étude menée par le CSA en 2018 sur la représentation des femmes sur YouTube, ce nouveau rapport a pris comme terrain d’études les vidéos de la plateforme les plus regardées en 2019 et 2020.

FORTE HAUSSE DES CONTENUS SEXISTES

Le constat est édifiant : les contenus sexistes et sexuels, les stéréotypes, les images dégradantes des femmes sont omniprésents sur la plateforme;

Voici un florilège du contenu des 200 vidéos étudiées, pour leur majorité des clips musicaux :

  • 39% des vidéos contiennent des stéréotypes féminins, des idées préconçues sur la femme comme “l’hystérique”, des femmes « hypersexualisées. »
  • 68,2% des contenus présentent des stéréotypes de genre (féminins et masculins). 
  • Les propos à connotation sexuelle sont prononcés à 96% par des hommes. Les rapports de soumission sont toujours au détriment des femmes.
  • 25% des vidéos présente au moins une forme de violence contre les femmes ; dans 99% cas elle est exercée par des personnages masculins.

« Dans le secteur numérique, il est crucial de lutter contre les stéréotypes et séquences dégradantes pour les femmes, qui font le lit des violences, trop souvent mortelles. Internet, de ce point de vue, est le lieu de tous les dangers. Non régulé, les pires propos et images pour les femmes peuvent y circuler en toute liberté » explique Sylvie Pierre-Brossolette, ancienne membre du CSA et coordinatrice du rapport.

PROPOSITIONS POUR LUTTER CONTRE LE SEXISME NUMERIQUE

Après les résultats consternants observés, la Fondation des Femmes propose à toutes les parties prenantes – plateformes, gouvernement, créateurs de contenus ou utilisateurs, de mener une réflexion commune autour de plusieurs idées :

  • une modification de la loi de 1986 sur la communication pour y intégrer la régulation de l’image des femmes dans le secteur numérique ;
  • la mise en place des critères d’éga-conditionnalité dans le cadre du soutien à la création, la production, la distribution, la diffusion et la promotion d’œuvres cinématographiques, audiovisuelles et musicales ;
  • l’élaboration d’une charte de bonne conduite entre le CSA et les GAFAM ;
  • l’introduction d’une obligation d’autorégulation de ces plateformes et médias sociaux.

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