Quel avenir pour les femmes afghanes ? Analyse

Très vite les images de la fin des années 90 où les talibans étaient au pouvoir reviennent en mémoire. Des souvenirs sombres qui laissent craindre le pire pour les femmes afghanes.

La terreur du passé

C’était entre 1996 et 2001 précisément, le sort des femmes fut terrible en Afghanistan. La barbarie à l’égard des femmes fut connue, tragiquement il faut rappeler que nombre d’entre elles ont été fouettés ou lapidées en public. D’autres furent violées ou réduites en esclavage. Leurs visages et leurs regards impérativement emprisonnés derrière la grille sordide de la burqa.

Toutes libertés et indépendances pour les femmes furent alors réduites à néant, leurs écoles closes, elles n’avaient plus accès ni à l’éducation, ni à la culture. Impossible pour les femmes afghanes de travailler ou de voyager également. Leurs sorties en ville furent conditionnées à la présence obligatoire d’un chaperon, le “mahram”, un membre masculin de leur famille, pour surveiller leurs moindres faits et gestes.

Ironiquement, aujourd’hui Suhail Shaheen, un porte-parole des talibans veut relativiser et minimiser le risque pour les femmes : “La burqa n’est pas le seul hijab (voile) qui peut être porté, il existe différents types de hijab qui ne se limitent pas à la burqa”.  

Difficile en effet de se rassurer concernant leur avenir malgré ces propos surtout destinés à la communauté internationale car les premiers signes de rejet et d’exclusion à l’égard des femmes ont commencé aussitôt l’arrivée des Talibans dans la capitale afghane.

Une invisibilisation des femmes déjà en cours

A peine arrivés au pouvoir dans la ville de Kaboul, les Talibans effacent au sens littéral la présence des femmes dans l’espace public.  Des affiches sont arrachées, les visages féminins bombés en noir. Toute trace de la féminité en ville devient une cible : les boutiques, instituts de beauté sont vandalisés, détruits. Pourtant ces dernières années, ces femmes qui avaient porté, sous contrainte des Talibans, la burqa plus jeunes, avaient pu accéder aux soins, massages, ou autre séance de maquillage proposés par un secteur de la beauté en plein développement dans le pays.

Rada Akbar Kaboul, peintre et photographe reconnue en Afghanistan, s’est dite « effondrée » de la situation pour les femmes, en rappelant que les talibans ne tolèrent pas même pas de reproduction d’images féminines.

Le cri de Malala Yousafzai

En 2012, la jeune Malala, alors âgé de 15 ans, avait frôlé la mort au Pakistan, ciblée par les Talibans pour sa promotion de l’éducation des jeunes filles. L’adolescente atteinte d’une balle dans la tête avait trouvé refuge au Royaume-Uni où elle avait été sauvé de justesse dans un hôpital de Birmingham après une semaine de coma.

@MalalaIG Malala Yousafzai continue de promouvoir l’accès à la connaissance et à l’importance de la lecture

Devenue Prix Nobel de la Paix en 2014, Malala Yousafzai connaît donc le sort réservé aux femmes éduquées et indépendantes. Aujourd’hui, diplômée de la prestigieuse université d’Oxford, elle continue son combat pour la jeunesse et l’accès à l’enseignement des filles : « elles demandent une protection, l’éducation, la liberté, et le futur qui leur avaient été promis. Nous ne pouvons pas continuer à les laisser tomber. Nous n’avons pas de temps à perdre”, défend-elle.

“Comme beaucoup de femmes, j’ai peur pour mes sœurs afghanes » conclut-elle.

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