Pédocriminalité dans l’Eglise : une ligne d’écoute mise en place en Alsace

Pour répondre à l’invisibilisation des victimes d’abus sexuels dans l’Eglise catholique, une ligne d’écoute alsacienne est mise en place ce mardi 11 janvier 2022 où les victimes peuvent venir chercher de l’aide. Il s’agit d’une ligne téléphonique gérée par France Victime, ouverte du lundi au vendredi de 9h à 17h au 06.09.73.96.78.

Briser le silence

Selon le rapport Sauvé, qui étudie la pédocriminalité au sein de l’Eglise catholique, entre 1950 et 2020, 216.000 mineurs auraient été victimes de violences ou d’abus sexuels de la part de religieux catholiques en France. Depuis la publication de ces terribles chiffres, la parole se libère et de plus en plus de victimes osent enfin évoquer les drames vécus dans leur enfance.

Cependant le rapport a ses limites et les reconnaît. Seuls 3 à 4% des victimes se sont manifestées pour l’instant. La grande majorité reste donc dans l’ombre, par peur ou par manque de moyen.

A Strasbourg, le diocèse à décidé de ne plus fermer les yeux. Depuis octobre, Mgr Ravel, archevêque de Strasbourg annonce avoir identifié 169 victimes d’abus sexuels dans son périmètre. Après avoir signalé les cas les plus récents à la justice, le prélat reconnait avoir « sous estimé » le nombre de témoignage qu’il allait recevoir.

Une ligne téléphonique avec des professionnels qualifiés

Mgr Luc Ravel en convient : « Il faut fournir une porte d’entrée totalement indépendante et professionnelle à des personnes (…) qui ont claqués la porte à l’Eglise de manière déterminée ».

Afin de créer cette « porte d’entrée », il a été décidé de créer une ligne d’écoute indépendante de l’Eglise, laïc et confidentielle. La ligne, annoncée ce mardi 11 janvier 2022 par l’association France Victime et par le Diocèse de Strasbourg a pour but d’apporter une aide psychologique, juridique et sociale. Pour que cette mission soit assurée avec succès, est constituée « une cellule spécialisée de quatre personnes, deux juristes et deux psychologues » précise André Laurent, président de l’association SOS aux habitants – France Victimes 67.

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