L’exposition Biocenosis21 au Congrès Mondial de la Nature à Marseille

Alice Audouin, fondatrice de l’association Art of Change 21 et commissaire de l’exposition a sélectionné 14 artistes contemporains pour célébrer le vivant et décrire la biodiversité autrement. Elle nous a présenté cette exposition riche et engagée à Marseille, lors du Congrès Mondial de la Nature, organisé par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Grâce au soutien de mécènes comme la Fondation Schneider Electric, LVMH et la Maison Ruinart, ces œuvres permettent de sensibiliser le grand public aux différentes problématiques environnementales à travers l’art.

LA BIOCENOSE : DE LA SCIENCE A LA CREATION ARTISTIQUE

En biologie, la biocénose, regroupe l’ensemble des êtres vivants : animaux, végétaux, champignons, ou bactéries…) établis dans un même lieu et unis par une dépendance réciproque. Alice Audouin explique sa volonté de ne pas apporter uniquement « un témoignage triste sur la disparition des espèces. » C’est avec passion qu’elle explique à de jeunes collégiens comment l’artiste Jérémy Gobé travaille avec le projet Corail Artefact à régénérer le corail grâce à l’utilisation de dentelle biologique, et témoigne avec une œuvre tout en relief de l’importance des fonds marins. Ainsi, certains virus porteurs de vie, sont au cœur des sculptures de Marie-Sarah Adenis et le travail photographique de Caroline Halley des Fontaines autour des couleurs de la nature exprime le bien-être et le pouvoir guérisseur des nuances lumineuses qui nous entourent. L’exposition recherche ainsi un « équilibre entre sensibiliser à ce qui est en train de se passer et alimenter la connexion entre l’humain et son environnement » détaille la commissaire d’exposition.

Au cœur de l’espace commun UNESCO-LVMH, Art of Change 21 met en scène une installation connectée de l’artiste Thijs Biersteker où chaque feuille qui s’allume, illustre ingénieusement la disparition de 89m2 de forêt tropicale en Amazonie, soit 449m2 par seconde.

Wither, Thijs Biersteker, 2021

CREER L’EMOTION ET LA REFLEXION

Pour Alice Audouin, l’objectif est de proposer des artistes dont les œuvres ont un fort pouvoir mobilisateur, esthétique, évocateur, symbolique et dont le public se souviendra » . Le visiteur découvre des œuvres inattendues comme une hyène sculptée par Lin May Saeed, qui prend aussi sa place dans le monde animal. En effet, cette espèce, souvent méprisée est organisée en matriarcat, le rôle des femelles y est prédominant dans la gouvernance du groupe. « Ca génère forcément une émotion, une empathie et une autre forme de compréhension vis-à-vis de l’espèce. » explique Alice Audouin.

Alice Audoin, commissaire de l’exposition, expliquant l’oeuvre “Spotted Hyena” de Lin May Saeed, (2018) à des collégiens.

L’artiste Camille Henrot cherche elle à souligner les conséquences de la présence de l’homme sur terre et le poids de sa responsabilité sur la destruction de son environnement grâce à ses dessins décrivant habilement la junkfood, la déforestation ou l’utilisation massive du plastique.

Not Clean Yet, Camille Henrot, 2020

Biocenosis 21 permet ainsi aux artistes d’exprimer leur engagement et leur vision dans une époque où la rencontre avec la crise écologique se fait frontalement et d’ouvrir un chemin alternatif, constructif et réflexif.

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